« Kaïken » de JC Grangé

Editions Albin Michel
Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 480 pages
Année de parution originale : 2012
Genre : Thriller
Temps de lecture ; 4 jours qui m’ont semblé une éternité de cauchemar
Note 
Synopsis 
« Il ferma les yeux.
Il était la Loi.
Il était la Justice.
Il était le Glaive et la Sentence… »Le dernier samouraï est un flic français, Olivier Passan.
Il a deux obsessions : la traque de « l’Accoucheur », un monstre insaisissable ;
Et le Japon, ses rites, ses codes, sa culture.
Il croyait tout savoir de l’âme nippone.
Erreur.

Attention GROS SPOILERS sur le contenu du livre donc si vous comptez le lire, ne lisez pas mes phrases en rouge.

A l’origine, je n’avais pas prévu de rédiger ce billet sachant par avance qu’il allait être très mauvais. Mais à la demande de ma copine Cajou (Oui, je dénonce, NA !), qui se sentait un peu seule avec son avis négatif face aux billets dithyrambiques des autres bloggeurs, je m’y colle,  comme ça maintenant ce sera Cajou et reveline contre le monde entier (ou du moins contre la blogosphère) car nous comptons parmi les rares lectrices à ne pas avoir aimé le dernier Grangé. Son billet est plus indulgent que le mien. Je vous le dis tout à trac, j’ai trouvé « Kaïken » profondément ridicule, si j’osai je dirai même pathétique. En un mot comme en « sang », j’ai détesté … et je me suis forcé à le lire….parvenue au terme du roman, j’en pouvais plus, j’étais à deux doigts de craquer et de jeter le livre par la fenêtre.

En guise de rappel, je n’avais déjà pas apprécié le gros pétard mouillé que l’auteur avait sorti l’an dernier « Le Passager » à l’époque, certains m’étaient déjà tombé dessus en me reprochant mes critiques acerbes. Cette fois, vu la teneur de mon billet, je m’attends à recevoir des tomates pourries sur le coin du nez…

« Kaïken » c’est d’abord deux pseudos-intrigues qui s’entrecroisent sans finesse ni logique. Je ne sais d’ailleurs pas laquelle des deux est la plus risible et stupide ? Celle de « l’accoucheur », un meurtrier qui tue les femmes enceintes en les éventrant pour voler leur bébé afin de les brûler vifs (là déjà c’est quelque chose, hein ?) mais le comble du comble, c’est lorsque que l’auteur qui, par ailleurs a la gentillesse de nous faire gagner du temps en nous révélant l’identité et le nom du tueur dés le début (ah ! quel suspense mes aïeux !) nous « dévoile » le mobile (hautement improbable) du psychopathe. Oui, car si ce pauvre homme éviscère les futures mamans et assassinent leurs fœtus dans des tortures effroyables, tenez-vous bien (roulement de tambour) c’est bien sûr parce qu’il est HERMAPHRODITE et qui le vit pas très bien (doux euphémisme) et qu’il se venge sur de pauvres innocents croyant à sa renaissance tel le phénix (oui, arrivé à ce stade, on bascule dans un gros délire mystico-mythologique à hurler …de rire). C’est vrai qu’il cumule le pauvre, c’est vrai quoi ! Hermaphrodite ET psychopathe à la fois, y’en a vraiment qu’on pas de bol quand même. A moins que tous les hermaphrodites soient des psychopathes en puissance, mais bon j’ai du mal à y croire quand même (si j’étais hermaphrodite, une situation peu évidente que les personnes touchées affrontent avec courage et dignité, je me sentirai insultée par ce raccourci ignoble). En découvrant ça, j’ai eu envie de me taper la tête contre un mur (à ce moment-là, j’ai su, oui, j’ai su que Grangé se foutait de ma gueule).  La deuxième intrigue est tout aussi gratinée : une femme en kimono de soie et au katana s’introduit dans le domicile pourtant hyper-surveillé du policier en charge de l’enquête pour saigner ses gosses avec des seringues (sans les réveiller, c’est très fortiche quand même), éviscérer un pauvre chien qui ne demandait rien à personne avant de se prendre pour un samouraï en faisant rouler les têtes comme des pastèques.

L’auteur affectionne les personnages borderline. Le flic qu’il met en scène n’échappe pas à la règle. Sauf qu’il est tellement « ripou » et violent qu’il n’en est absolument pas crédible. Lui et son épouse japonaise sont des poncifs sur pattes. Lui, est, bien évidemment, un policier au langage ordurier, sans aucune limite morale, accro à la bibine et qui, en échange de sa protection, aime se faire faire des gâteries par des prostituées qu’il traite comme des bouts de viande (oui, car il respecte bien trop son épouse japonaise pour la toucher), vaut mieux se défouler sur des putes, c’est sûr c’est mieux, (quel charmant garçon !). Sa femme est forcément un glaçon sans émotions, ben oui évidemment, on sait tous que toutes les japonaises sont des robots dépourvus de sentiments ou de compassion… Bref, vous l’aurez compris, dans ce couple, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre… J’avais rarement rencontré des personnages aussi antipathiques.

Quant au soi-disant fil rouge du roman, le Japon, auquel Grangé dit vouloir rendre hommage, c’est pour moi là encore complètement raté. Puisque l’auteur se contente de dresser un catalogue des pires clichés sur le pays du soleil levant sans apporter une once de l’âme de ce pays passionnant. Et croyez-moi tout y passe (le pire étant la fin) au point que c’est un Japon totalement désincarné qui s’offre à nos yeux.

Je vais conclure en disant que ce thriller est juste un gros n’importe quoi et un foutage de gueule avéré vu le prix dudit bouquin …

Tout comme pour Cajou : Grangé, c’est fini pour moi. 

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6 Commentaires

  1. plumedecajou

    Lol ! Lol ! Lol !
    Franchement, je me suis laissée prendre par la première intrigue « l’accoucheur », la course poursuite dans le métro, le retrait de l’affaire et tout ça, et jusque là, j’aimais bien ! (d’où ma note finale). Mais à partir du moment où cette intrigue est résolue à la vitesse grand V (je n’en revenais pas, je croyais que ça allait durer tout le roman lol alors j’ai été stupéfaite quand ça s’est arrêté NET) sans aucune nuance ni développement ni crédibilité,alors, là j’ai commencé à halluciner devant le reste du roman que j’ai trouvé…. amateur. Pourtant il aurait pu s’en sortir puisque le personnage « coupable » de la seconde intrigue aurait pu amener un truc bien intéressant puisqu’elle a l’air complètement siphonnée…. mais comme on ne la voit jamais…. bah foutu.
    Je ne comprends pas qu’on puisse trouver ce roman génial. En plus, des gens qui sont amateurs du genre et qui en lisent beaucoup !
    Nous ne lirons plus Grangé et ça nous laissera le temps de découvrir d’autres bons auteurs.
    Ah oui, aussi, nous avons un allié avec ce billet : http://blog-du-serial-lecteur.over-blog.com/article-jean-christophe-grange-kaiken-109555231.html
    Bisous !

  2. Licorne

    Ta chronique a le mérite d’être très clair ! je connais ton analyse assez fine en général, je vais donc passer également mon chemin bien que Grangé m’avait plu dans « le serment des limbes », dernier livre que jai lu de lui…

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