[Partenariat] « L’Echange » de Brenda Yovannof

Editions Michel Lafon

Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 352 pages

Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2010
Titre VO : The Replacement

Genre : Fantastique

Temps de lecture : 2 jours

Note 

Synopsis

Mackie Doyle n’est pas un humain, même si tous les habitants de la petite ville de Gentry le considèrent comme un des leurs. Voilà seize ans, il a été échangé contre un bébé humain. C’est le prix à payer pour la paix avec le monde d’où il vient : un univers terrifiant où d’obscurs tunnels suintent des eaux pestilentielles, peuplé de morts-vivants et dirigé par une étrange princesse tatouée.
Depuis, Mackie se bat pour survivre, malgré ses allergies mortelles au fer, au sang et aux lieux sacrés. Quand la plus jeune sœur de Tate, la fille qu’il aime, disparaît, il décide de tout faire pour la retrouver, même s’il doit affronter pour cela les plus sinistres créatures. Dans cette descente aux enfers, trouvera-t-il enfin sa véritable place ?

Je trouve les critiques sévères envers ce livre. L’Echange récolte un accueil plus que mitigé de la part de la blogosphère et pourtant, comparé à d’autre romans YA qui reçoivent actuellement un plébiscite sur la toile, je l’ai trouvé plutôt meilleur. Je ne nie pas qu’il y ait quelques défauts à l’ensemble mais je ne comprend pas ce « désamour », (toutefois, je le respecte, chacun a le droit de penser ce qu’il veut et mon avis n’en est rien parole d’évangile, cela m’étonne c’est tout). La dernière fois que j’ai assisté à ce phénomène c’était pour un livre qui a été un gros coup de cœur pour moi : « Kaleb ». Cette fois, pas de coup de coeur, mais un bon moment de lecture dont je remercie Les Editions Michel Lafon et Livraddict

L’ambiance du roman est superbe. Lugubre et sombre à souhait, elle a su me mettre mal à l’aise et m’inquiéter. On se croirait dans les Noces Funebres de Tim Burton ou dans le Faërie (en plus édulcoré) de R. Feist. Elle m’a happée dés les premiers instants de ma lecture. Très bien rendue également, l’atmosphère de cette petite ville américaine aux superstitions profondément ancrées, où le  fantastique se mêle au quotidien depuis des temps immémoriaux. Une ville anodine où les habitants font constamment semblant que tout va bien, comme s’ils ne vivaient pas sous une tutelle maléfique, et où comme à Sunnydale (Buffy) le mal grouille dans les profondeurs de leur bourgade et vient quêter son tribut de sang tous les sept ans. 

Mackie est un personnage vraiment intéressant, froid, détaché et complexe. J’ai aimé le parti-pris de l’auteure de ne pas chercher à tout prix l’adhésion du lecteur envers son personnage. Ça reste un être à part, elle le laisse hors de portée, ce n’est pas un ami. On reste à distance pendant longtemps mais insidieusement on finit par s’attacher à lui dans la quatrième partie. Sa relation avec sa sœur, Emma, y est pour beaucoup, de même que sa manière de se conduire envers Tate. D’être passif, il sait trouver le courage de réagir et de tenter de se rebeller.

Et si la mythologie démoniaque n’est pas toujours claire, certaines subtilités m’ont, en effet, échappées, la mythologie du changeling est bien revisitée, parfois avec une pointe de philosophie et d’existentialisme, qui suis-je, pourquoi j’existe, dans quel but, où-vais-je ? Non, sans rire, je ne suis peut-être folle mais j’ai trouvé une jolie dimension philosophique dans ce roman. Allez savoir …Ce n’est pas qu’une succession de scènes fantastiques ou sanglantes, non, non, c’est plus que ça, c’est profond.. L’Echange se place dans la catégorie des YA intelligents, notamment dans son approche de la psychologie des personnages et dans l’analyse des rapports entre les habitants de cette petite communauté repliée sur elle-même.

J’ai beaucoup aimé le style de Brenda Yovannof, alternant phrases courtes et efficaces et paragraphes descriptifs offrant de belles sensations visuelles tout en installant un climat d’étrangeté latent.  Le hic c’est que certaines phrases m’ont semblées mal traduites en français ce qui les rend peu compréhensibles. La narration en « je » est bien choisie. Certes, elle ne propose qu’un seul point de vue mais comme le personnage de Mackie est tiraillé entre deux mondes, il n’est jamais partisan et nous livre sa vision des choses sans détours.

Alors, certes, je le redis, l’intrigue aurait gagnée à être davantage creusée, certaines choses sont trop survolées et la fin est peut-être un peu rapide (ou facile) mais ce roman vaut quand même le coup pour moi, ne serais-ce que pour sa superbe atmosphère sombre et lugubre et au malaise latent qu’elle suscite pendant la lecture. 

L’Echange c’est un conte défait, une histoire à cauchemarder debout, un malaise de 300 pages qui s’empare de vous progressivement. Pour moi, c’est un roman à lire malgré ses défauts mais bon c’est vous qui voyez … En tout cas, si vous aimez Burton, comme moi, il y a de fortes chances pour que vous aimiez ce livre. 

 

 

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