[Partenariat] « Les Amants de Samaroux » de Natasha Farrant

 Editions Hachette (Black Moon)

 Publié en 2012 ~ Langue : Française ~ 252 pages

Temps de lecture : 2 heures

Plaisir de lecture  Bon mais…

Synopsis 

France, 1944 . Arianne et Luc, deux jeunes habitants du petit village de Samaroux tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Mais comment s’aimer quand la guerre fait rage alentour ? Est-ce que ces amants purs, au seuil de leur vie d’adulte, peuvent résister à l’Histoire et aux troupes allemandes aux portes de leur village ? Luc désire redorer l’image de sa famille entachée par la collaboration de son grand-père avec la Gestapo ; il décide de s’engager dans la Résistance. Arianne, elle, va tout faire pour protéger celui qu’elle aime, sans un regard pour cet autre qui est secrètement amoureux d’elle. Quelqu’un est prêt à tout pour séparer les amants de Samaroux à jamais…

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Je remercie fort chaleureusement Black Moon et Livraddict pour m’avoir permis de découvrir ce roman peu après sa sortie. 

Les Amants de Samaroux est un très joli roman écrit avec simplicité et poésie, ce qui n’empêche pas toutefois l’emploi d’un ton étonnamment réaliste lors de certaines scènes assez dures à lire. Natasha Farrant, et c’est tout à son honneur, ne tombe pas dans une édulcoration facile du propos malgré la cible première du roman, à savoir le lectorat pré-adolescent et jeune adulte. 

Alors oui, certain(e)s diront sans doute que l’histoire n’est guère originale, qu’on a déjà vu et lu cela vingt fois dans les films et livres retraçant la période de l’occupation allemande en France et c’est vrai que l’intrigue en elle-même n’a rien de révolutionnaire, que le roman n’apporte rien de neuf au genre mais les personnages sont suffisamment attachants, les contextes et l’atmosphère de l’époque bien restitués et la romance entre Luc et Arianne bien menée, ce qui suffit, même si les caractères des personnages auraient gagnés à être creusés davantage, à procurer un réel moment de plaisir livresque. Car on s’immerge totalement dans la vie de ce petit village français pareil à tant d’autres, ces gens pourraient être nos voisins et c’est en cela que cette histoire nous touche dans ce que nous avons de plus intime. Ces gens auraient aussi pu être de notre famille, auraient pu être nous. Nous avons tous dans notre famille (là je m’adresse aux personnes de ma génération) un arrière grand-père ou un autre parent proche ou éloigné ayant connu cette terrible période et nous en ayant parlé dans notre enfance à demi-mot avec pudeur mais surtout beaucoup de chagrin et de douleur. Dans mon cas, c’était ma grand-mère maternelle qui me racontait comment alors qu’elle était toute petite elle devait se cacher dans une cave avec ses parents pour échapper aux bombardements allemands.  

L’auteure s’est visiblement documentée sur cette sinistre période de l’histoire et son récit sans nul doute permettra aux plus jeunes d’en appréhender toute l’horreur.  Elle a également le courage de ne pas diaboliser à outrance les soldats allemands, de les humaniser en nous les montrant comme des hommes normaux pris dans une sale guerre et contraints de commettre des actes ignobles au nom d’un idéal auquel ils ne croient plus et placés sous les ordres de chefs militaires fanatiques. Néanmoins, on pourra noter une certaine tendance à la caricature parfois dans le traitement des personnages de collabos ou de traitres comme pour Romy et son père.

La fin est particulièrement intense et m’a serré le ventre et le cœur. J’avoue avoir tremblé pour les personnages pendant plusieurs chapitres. 

Le roman est un peu court (252 p.) et on peut reprocher un certain manque de profondeur à l’ensemble, certains aspects de l’intrigue (trop survolés à mon sens) auraient sans doute mérités d’être développés plus avant, mais le tout se lit très bien

Si le début du livre est un peu mou, il arrive très vite un moment où on ne parvient plus à le lâcher, ce qui explique que je l’ai lu en un peu plus de 2hLes caractères d’imprimerie sont certes assez gros mais cela est surtout le fait d’un style d’écriture très agréable et d’une grande justesse de ton qui coule comme l’eau vive d’un torrent, et ce, encore une fois, sans prendre le jeune lectorat auquel est destiné avant tout cette histoire pour un groupe de pauvres petites choses fragiles à qui il faut cacher les atrocités qui se sont déroulées pendant la seconde guerre mondiale.

Bref, ce n’est ni le roman du siècle, ni le roman définitif sur cette période de notre histoire, encore moins un roman regorgeant de rebondissements ou de révélations (la seule surprise étant la découverte de l’identité du mystérieux narrateur à la toute fin) mais c’est une jolie histoire pleine de simplicité, de vérité et d’une certaine forme de fraicheur qui pourra offrir aux plus jeunes qui souhaiteraient en apprendre plus sur l’occupation allemande et ses corollaires comme le nazisme, la collaboration, la résistance et la déportation, un bon complément à ce que leurs livres d’histoire leur raconte. Ce roman peut aussi constituer une première prise de contact avec cette période troublée de l’histoire Européenne.

Pour terminer, Les Amants de Samaroux m’ayant fait penser à cette magnifique chanson de Jean-Jacques Goldman, je ne résiste pas à l’envie de vous la faire partager. Et nous qu’aurions nous fait alors ?

Né en 17 à Leidenstadt

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3 Commentaires

  1. barbouille

    très belle chronique mon avis est très proche du tiens, un livre que l’on dévore d’une traite même si les personnage ne sont pas trop approfondis,on se laisse prendre par l’histoire et c’est ce qui compte

  2. Luthien

    J’ai lu un extrait de ce livre et il a l’air bien ! C’est une période que j’aime bien lire et cela doit être intéressant pour la jeunesse.

    J’adore cette chanson de Goldman…

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