La Gazette Elfique ≠ 3

La Gazette Elfique ≠ 3

Sur le principe de l’excellent « Rond de sorcières » initié par Acro sur son très beau blog Livrement, chaque mois je vous propose le récapitulatif de mes lectures du mois précédent.

Au sommaire de La Gazette Elfique de décembre :

Bit-lit

« Le Monde de la chasseuse de la nuit, 1, La première goutte de sang » de Jeaniene Frost [Spin-off de Chasseuse de la nuit]

Temps de lecture : 3 jours

Plaisir de lecture  Trés bon mais …

Parlons d’abord des choses qui fâchent : la couverture est hideuse, non seulement je suis très loin de m’imaginer ainsi Spade et Denise physiquement, mais en plus la jaquette fait clairement penser à un roman de gare bas de gamme. Beurk !Ensuite pour être honnête, bien que Spade et Denise soient de bonnes doublures de Cat et Bones, ces derniers m’ont manqué dans le roman. Heureusement, même s’ils sont certes mis très en retrait par rapport au couple vedette, mes chouchous ne sont pas absents. Ils sont même très présents vers la fin du roman, et est-ce une coïncidence ?, c’est à partir de leur arrivée dans l’intrigue que celle-ci devient vraiment intéressante à mon sens. Non pas que ce qui précède leur venue soit mauvais mais les ¾ du roman qui mettent uniquement en scène Spade et Denise semblent plus ternes et moins piquants. Les ennemis de Spade et Denise ne sont pas les mêmes que ceux de Cat et Bones, ce qui nous permet de nous frotter à de nouvelles créatures très vilaines qui apportent de la nouveauté à l’univers de Jeaniene Frost. S’ils ont moins de charisme que Bones et Cat, Spade et Denise sont des personnages suffisamment solides, intéressants et attachants pour que l’intrigue puisse reposer sur leurs épaules. Leur couple fonctionne bien même si ça tourne assez vite en rond et que leurs tergiversations amoureuses sont un peu lourdes et redondantes.  La plume de Jeaniene Frost est toujours aussi efficace et délurée. On retrouve sa patte à cent pour cent dans ce spin-off ainsi que l’univers, l’humour décomplexé, la sensualité et le sens du rythme présents dans la saga initiale.  De plus, j’ai beaucoup aimé l’alternance des points de vue de Denise et de Spade. Pour une fois, nous nous trouvons dans la tête des deux protagonistes de l’histoire. C’est ce qui me manque parfois dans Chasseuse de la nuit, ne pas savoir ce que Bones pense ou éprouve autrement que filtrés par les yeux de Cat. Ce spin-off m’a fait passer un très bon moment, grâce à son intrigue bien ficelée qui sort pas mal de l’ordinaire mais surtout en raison de l’apport de fraîcheur et de drôlerie de certains personnages récurrents à la saga-mère que Jeaniene Frost à eu l’intelligence de rameuter aux côtés de Spade et Denise. Car je ne suis pas certaine que sans l’arrivée bienvenue de Bones, Cat et Ian (entre autres) le roman eut été aussi agréable à lire pour moi.

« La Confrérie de la Dague noire, 1, L’Amant ténébreux » de JR Ward

Temps de lecture : 3 jours

Plaisir de lecture  A éviter

Pas grand-chose à se mettre sous la dent dans ce roman de gare sous testostérone. Et que c’est mal écrit ! Le style est très pauvre et bourré de vulgarité. L’héroïne est sans surprises. Le genre de nana qui défaille quand on lui grogne d’une grosse voix : « Tu es à moi ! Tu m’appartiens, grrr ! » (très peu pour moi). Quant aux personnages masculins, ils ont dû rater le train qui conduisait à l’évolution de l’espèce, vu qu’ils sont aussi profonds et subtils que des néanderthaliens. La mythologie vampirique mise sommairement en place avait un petit potentiel, potentiel très mal exploité hélas. L’auteure préférant manifestement verser dans le roman Harlequin en oubliant ses (rares) bonnes idées en route. Même la société secrète que les guerriers vampires combattent est grotesque et pitoyable ! Imaginez-vous que ces vilains empêcheur de mordre en rond sont facilement identifiables car ils sentent… le talc pour bébés (là, j’étais morte de rire!). Bref, si vous voulez vous payer une bonne tranche de rigolade, lisez cette saga hilarante. Pour ma part, je m’en tiendrai là.

Fantasy

« Le Pacte des Marchombres, 2, Ellana, L’Envol » de Pierre Bottero

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Trés bon mais…

Un deuxième tome meilleur que le premier. « L’Envol » offre une intrigue plus travaillée et plus sombre. Les personnages gagnent en profondeur et en complexité. L’atmosphère générale s’alourdit et se pare d’un parfum doux-amer. Les tourments et les doutes intérieurs d’Ellana font partie intégrante de l’intrigue, mieux encore, ils la nourrissent pour lui conférer des allures de roman initiatique. Les personnages qui gravitent autour de l’héroïne sont très attachants, qu’ils s’agissent des maitres Marchombres ou des personnages qu’Ellana rencontre au fil de ses aventures.

« Le Pacte des Marchombres, 3, Ellana, La prophétie » de Pierre Bottero

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Trés bon mais…

Pierre Bottero offre à sa saga une fin digne de ce nom à la fois émouvante, drôle et palpitante. Maitrisant à merveille, le déplacement de la focale alternée et rétroactive, l’auteur distille le suspense avec talent. C’est l’occasion de passer en revue et de prendre des nouvelles de tous les personnages ayant un jour croisés la route d’Ellana ou de ses compagnons et de dénouer les nombreux fils narratifs d’une intrigue qui aura su nous tenir en haleine jusqu’au bout malgré une certaine impression de facilité et de tout est bien qui finit bien que le lecteur ne pourra s’empêcher de ressentir à certains moments.Une saga fantasy à la fois poétique, pleine de profondeur et de philosophie, c’est donc ce que nous offre le très regretté Pierre Bottero. Qui de sa plume alerte, fantaisiste et aguerrie pourfend les longueurs pour nous donner à vivre une belle aventure humaine menée au grand galop.

« L’héritage des Darcer, 2 : Allégeance » de Marie Caillet

Temps de lecture : une semaine

Plaisir de lecture   Bon mais…

Ne pas avoir lu le premier tome de cette saga ne s’est pas révélé un handicap insurmontable car Marie Caillet prend le temps de reposer les bases de son univers et les enjeux du premier tome tout au long de l’histoire. L’écriture pleine de maîtrise et de fluidité de Marie Caillet a de quoi donner des complexes à tout jeune (ou moins jeune) auteur de fantasy française. Cette saga est vraiment bien écrite et propose un vocabulaire soutenu et une bonne syntaxe. De très belles idées, souvent poétiques et originales ainsi qu’un subtil saupoudrage de magie confère un potentiel certain à la saga, un potentiel qu’hélas la mollesse du rythme condamne. Les personnages ont, eux aussi, du potentiel mais je ne les aie pas trouvés si attachants que cela. Certains sont même assez agaçants, à l’image de l’héroïne  Bref, le style de Marie Caillet est très agréable mais qu’est-ce qu’on s’ennuie ! La faute à un roman trop statiques, où les enjeux sont figés et ne s’animent réellement que vers la fin – fin qui est annonce un troisième tome.

Historique

« Le Montespan » de Jean Teulé

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Excellent

Une plume délicieusement leste, savamment salace et scatologique au service d’une leçon d’histoire de France fort édifiante. Le style est si vivant, si truculent qu’il nous transporte dans ce siècle aux mœurs consternantes, dans cette cour du Roi Soleil aux mentalités peu ragoûtantes.  Cocasse, instructif, documenté, empli de verve et d’irrévérence, à l’image de Charly 9 que j’avais déjà adoré, Le Montespan est un très bon roman mi-pastiche, mi-historique qui démystifie les fastes Versaillais avec brio. Tour à tour, pathétique ou touchant, le personnage de Montespan est la pierre de voûte d’un roman qui le réhabilité magnifiquement en mettant sciemment dans l’ombre sa célèbre épouse à la réputation trop encombrante.

Jeunesse

« Schram et Harrison, 1, Le défi » de Sabine du Fay

Temps de lecture : 1h30

Plaisir de lecture  Trés bon mais…

L’univers du roman est à mi-chemin entre 1984 d’ Orwell, le Meilleur des Mondes d’Huxley,  Bienvenue à Gattaca, version junior, en passant par Uglies de Scott Westerfeld. Le ton général du roman a le mérite de ne pas être abêtissant tout en restant très accessible à la jeunesse. Sabine du Fay n’hésite pas d’ailleurs à rajouter une pointe de noirceur à son récit. L’ensemble véhicule également des valeurs essentielles qui sauront plaire aux parents. L’horreur de ce futur où toute liberté est proscrite se dévoile peu à peu et les excès de cette société future régie par les ordinateurs et le pouvoir de quelques hommes interrogent l’avenir de la planète et des humains dans un langage abordable aux plus jeunes. Je n’ai déploré aucun temps mort. Le style de l’auteure est « participatif’ », c’est-à-dire qu’il implique le lecteur en posant des questions, ce qui rend l’écriture vivante. L’humour de Sabine de Fay est de plus bien agréable, à commencer par cette amusante préface du livre. Un bon roman jeunesse qui plaira aux enfants et préados mais qui pourra faire passer un moment de détente aux plus grands d’entre nous également. J’ai trouvé que c’était une lecture distrayante.

 « Hex Hall, 2, Le Maléfice » de Rachel Hawkins

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Trés bon mais…

Tout aussi sympathique que le premier, voire davantage encore car l’intrigue est plus travaillée et l’univers plus fouillé. Le côté sorcellerie est également mieux utilisé. J’aime toujours autant Sophie et son humour sarcastique, et que dire d’Archer sinon que c’est un jeune homme plaisant et intéressant. J’aime bien la complicité un peu vacharde qui les unit tous deux. Hélas, oui il faut bien un défaut tout de même, le triangle amoureux qui semble se dessiner entre Sophie, Archer et Cal, ne me réjouit pas outre-mesure. J’en ai assez des triangles amoureux ! La fin du tome propose un suspens insoutenable et ne donne qu’une hâte, lire la suite qui devrait receler bien des surprises encore.

« Uglies, 2, Pretties » de Scott Westerfeld

Temps de lecture : 3 jours

Plaisir de lecture :  Sans plus

Beaucoup de réserves sur ce second tome. L’effet de surprise qui m’avait permis d’apprécier le premier tome malgré ses défauts, dissipé, « Pretties » m’a vraiment semblé très moyen et ennuyeux. La trame est peu ou prou la même que celle du précédent et les personnages sont toujours aussi peu attachants. Comme d’habitude, la fin est la partie la plus intéressante du livre, apparemment spécialement étudiée pour nous donner envie de lire la suite. Mais avant d’y parvenir, il faut se coltiner un nombre impressionnant de pages inintéressantes et bavardes.

Thriller

« La Forêt des ombres » de Franck Thilliez

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture :  Sans plus

Thilliez ne révolutionne en rien le huit-clos en littérature mais son thriller est efficace, reconnaissons-le. Alors, certes toutes les ficelles du genre sont utilisées tour à tour. Le roman souffre d’un énorme manque de suspense et de réalisme et d’une tension pratiquement inexistante car on ne tremble ni ne frissonne à aucun moment du livre. L’intrigue se démonte facilement tant elle est prévisible. Très vite, le lecteur aura presque tout deviné de l’histoire, subodoré le dénouement bien des chapitres à l’avance. Les personnages sont antipathiques, mêmes les « héros » sont à baffer, un imbécile et une hystérique égoïste. Cela se lit très vite, un bon point à mettre à l’actif de l’auteur mais c’est surtout du fait que le style est très commun et très codifié « thriller » au final. Fluide, parfois maladroit voire grand-guignolesque et excessif mais pourtant étrangement prenant. Du même auteur, j’ai largement préféré « La chambre des morts ».

« Le Mystère de Noël » de Mary & Carol Higgins Clatk

Temps de lecture : 1 soirée

Plaisir de lecture  A éviter

C’est bien pensant, gentillet, le ton est très comme il faut, très Amérique conservatrice, que ce soit dans le traitement des personnages ou la morale de l’histoire. L’intrigue est invraisemblable au possible, totalement insipide, et la fin très prévisible. Mary Higgins Clark a fait beaucoup mieux (La Nuit du chasseur par exemple) que cette foire aux bons sentiments servis par des personnages caricaturaux. Cela peut éventuellement se laisser lire lors d’un dimanche soir pluvieux lorsqu’on a rien de plus intéressant à faire. Et encore …

« Cyanure » de Camilla Lackbërg

Temps de lecture : 2 heures

Plaisir de lecture  A éviter

Du sous-Agatha Christie bas de gamme. Je n’avais déjà pas beaucoup apprécié « La Princesse des glaces » du même auteur. Cette fois, c’est pire. Quelle platitude ! Quel manque flagrant d’idées neuves ! Quelle pénurie d’imagination ! Cette nouvelle, courte fort heureusement, aurait dû rester dans les cartons de Camilla Lackbërg. D’autant qu’on à l’impression d’un travail bâclé et inachevé est forte. Qu’on est loin du « Noël d’Hercule Poirot » ici ! L’intrigue est d’un déjà-vu crasse, d’une insipidité phénoménale et d’un prévisible achevé.

 « Les Morsures de l’ombre » de Karine Giebel

Temps de lecture : 2 jours

Plaisir de lecture  Bon mais…

Le ton très clinique de l’auteure pourra agacer voire rebuter, ce fut mon cas. Des phrases courtes, sèches, qui selon le ressenti du lecteur, donnent du rythme à l’ensemble ou à l’inverse rend la narration très plate (j’opte pour ma part pour cette impression). Les changements d’énonciation sont un peu trop abrupts, l’auteure passe du Je, au Elle en passant par Il sans crier gare et le lecteur est parfois un peu désarçonné par ces brusques changements de locuteurs. Le personnage de Benoît, policier de son état, rassemble un peu trop justement tous les clichés du flic beau gosse : manque de vocabulaire, vulgarité, coureur de jupons… La codification extrême de son personnage nuit à la vraisemblance du roman, de même que les dialogues entre les personnages qui souvent m’ont semblés sonner faux, un peu comme les dialogues artificiels d’une mauvaise série B américaine. Il faut dire que si le roman pêche beaucoup dans la forme et le style, l’intrigue, vicieuse et anxiogène à souhait, est vraiment très efficace. Karine Giebel fait monter la pression avec une lenteur diabolique jusqu’à un crescendo angoissant au possible. La progression du suspense est parfaitement maitrisée et ô bonheur ! la fin est tout bonnement renversante. Karine Giebel soigne la conclusion de son thriller et surprend avec brio son lecteur. Un lecteur abasourdi par les révélations qui lui sont faites et qu’il n’a absolument pas vu venir une seule seconde.

Les achats de décembre :

     

Les livres gagnés : 

En décembre, j’ai lu 13 livres. J’ai participé à un partenariat : L‘héritage des Darcer, 2, Allégeance de Marie Caillet, fait 5 lectures communes, acheté 6 livres et gagné un roman à un concours chez Bluverbena grâce à Hachette.

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