[Challenge ABC 2012 – Littératures de l’imaginaire – Lettre A] et [Baby Challenge Fantasy 2012] « Les Eveilleurs, 1, Salicande » de Pauline Alphen

Editions Hachette

Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 528 pages

Temps de lecture : 4 jours

Plaisir de lecture : Trés bon mais…

Synopsis

Claris a 12 ans et vit avec son père, Eben, et son frère jumeau, Jad, dans une vallée reculée et protégée par des montagnes d’accès difficile. Malgré la disparition précoce de leur mère et la mélancolie de leur père, malgré le handicap de son jumeau, Claris est une jeune fille enjouée, téméraire, qui rêve d’aventures. Des aventures comme celles qu’elle lit dans les livres de la tour interdite où s’est réfugié son père depuis la disparition de sa femme, des aventures comme celle que lui lisait sa mère, des aventures comme celles que son jumeau, handicapé, ne peut pas vivre. Mais Claris est persuadée que les aventures n’arrivent jamais aux filles. L’avenir va lui montrer qu’elle ne peut pas se tromper davantage…

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Je n’ai pas adoré ce roman, ce n’est pas un coup de coeur mais je l’ai beaucoup aimé tout de même.

Mes réserves sur ce roman sont dues essentiellement à trois éléments : une intrigue trop brouillonne, un gros manque d’action et le style trop descriptif et discursif de Pauline Alphen.

J’ai quand même de nombreux bons points à distribuer à l’auteure, rassurez-vous.

J’ai aimé, par exemple, que Pauline Alphen utilise notre présent actuel comme matériau narratif. Elle nous projette dans l’effrayant futur que nous sommes en train de nous préparer à force de bêtise et d’égoïsme. Et croyez-moi cela fait froid dans le dos. Pire, les extrapolations de Pauline Alphen concernant notre avenir et celui de la planète sont extrêmement crédibles. L’univers médiéval-futuriste qui en découle est une vraie réussite. En effet, les personnages évoluent dans un monde quasi moyenâgeux au beau milieu de l’an 2800 et des paillettes. Ce futur alternatif qui fleure l’acier des épées, le cuir des selles et l’odeur âcre des feux de bois, pour effrayant qu(il soit, donne aussi tout son charme au récit. De même que l’humour intertextuel et ultra-référencé qui y est présent. Le roman parle énormément de littérature et j’ai adoré retrouver certaines de mes lectures d’enfance ou d’adolescence semées comme des petits cailloux blancs tout au long du récit. Par exemple, l’un des personnages, Borges, un libraire érudit et aveugle, tient une libraire qui se nomme l’Aleph. L’Aleph étant le titre d’un roman de l’écrivain Borges, justement. De multiples clins d’œil sont ainsi présent et il est trés amusant d’entendre ces enfants du futur parler d’Harry Potter, de Yoda ou d’Ewilan ! Oui, les livres sont rois dans ce roman, et reines y sont la lecture et l’écriture, abordées ici avec beaucoup de profondeur et de philosophie à l’image des concepts des Nomades de l’écriture et du Vrai lecteur que développe brillamment l’auteure.

Le style de Pauline Alphen est trop descriptif et verbeux MAIS il est aussi profond et poétique. La balance penche donc entre ennui et émerveillement. Car il y aussi de sympathiques trouvailles, de très jolies idées et une belle galerie de personnages plutôt bien brossés. Les jumeaux sont suffisamment complexes pour retenir l’attention, Ugh est tout aussi bien fouillé, Eben, le père des jumeaux est touchant, et Blaise, le Mandarin, est celui qui m’a le plus amusé pendant toute ma lecture.

La magie est aussi au rendez-vous. Pauline Alphen saupoudre son récit de poussière de fées, d’animaux télépathes, de magie, de transes divinatoires, de prophétie mystérieuse et associe avec talent science-fiction et fantasy pour créer un univers très pertinent pénalisé hélas par le fait qu’il s’y passe peu de choses.

Là où le bât blesse, c’est au niveau de l’intrigue, elle est très confuse et il faut attendre les derniers chapitres pour obtenir quelques vagues éléments de réponses. Pendant tout le roman, le lecteur ne sait pas où l’auteure l’emmène, cela peut avoir son charme, mais dans mon cas cela m’a beaucoup dérangé et m’a empêché de rentrer dans l’histoire. Cette fin m’a aussi déçue. Je me suis cru à un moment dans le film « Jumanji ». Mais les dernières pages donnent quand même sacrément envie d’avoir la suite dans les plus brefs délais.

Pauline Alphen nous offre un roman chaleureux, visuel et olfactif qui pose des bases prometteuses que l’auteure devra compléter dans le tome suivant. Du potentiel, c’est certain, mais une intrigue trop opaque et brouillonne. Il faudra plus de réponses dans les prochains tomes où les lecteurs risquent de baisser les bras. 

Challenges concernés :

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3 Commentaires

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