Tagué: fantastique
[LCD7] « Gone, 1 » de Michael Grant

Editions Pocket (Jeunesse) (2012)
665 pages | Traduit par Julie Lafon
Temps de lecture : 3 jours
Synopsis
Imaginez. En plein cours d’histoire, ils sont en train de prendre des notes quand tout à coup… plus de professeur ! Affolés, ils sortent de classe et se rendent compte qu’il n’y a plus aucun adulte. Comme s’ils s’étaient évaporés. En fait, tous les êtres humains de plus de 15 ans ont disparu. Plus incroyable encore, ceux qui restent développent des super-pouvoirs mais ils ne parviennent pas encore à les maîtriser.Cette aventure extraordinaire est arrivée à Sam, 14 ans, et à tous les enfants de la petite ville californienne de Perdido. Passé la première période d’euphorie, les enfants doivent maintenant s’organiser pour survivre. Qui va s’occuper des bébés et des malades ? Comment trouver de la nourriture ? Autant de questions vitales à résoudre en urgence ! Sam devient malgré lui l’un des responsables de l’organisation mais, bien vite, il va devoir affronter d’autres chefs de bandes, aux idées beaucoup plus sombres.
J’ai éprouvé des difficultés à lire ce premier tome. J’ai peiné à entrer dedans et à m’attacher aux personnages mais surtout à le finir. Même si la deuxième moitié monte un peu en puissance et se révèle un peu plus rythmée, l’ensemble alterne entre passages ennuyeux et moments passionnants. Le début est plat et le roman en général comporte bien des longueurs.
En dehors des problèmes de rythme, existe aussi un souci avec les codes narratifs du roman qui ont déjà été utilisés ailleurs dans la littérature notamment dans la catégorie jeunesse. Mais pas seulement car Gone m’a ENORMEMENT fait songer à l’intrigue de Dôme de Stephen King dont les trames se ressemblent de manière troublante.
Il fait également BEAUCOUP penser au roman Sa Majesté des Mouches, Gone en est pour moi une variation moderne et science-fictionnelle. Ajoutons à cela qu’il ressemble à l’improbable croisement entre X-Men et une aventure du Club des Cinq d’Enid Blyton qui tournerait au cauchemar et vous aurez un aperçu de l’atmosphère de ce roman jeunesse au ton étonnamment sombre du reste car certaines scènes sont très dures, il y a beaucoup de morts dont parfois des meurtres et les valeurs véhiculées par l’histoire sont loin de celles de Bisounours. Les armes à feu imposent leur loi, la loi du plus fort et du chacun pour soi. Ici, il faut manger avant d’être mangé. Anxiogène par bien des aspects et porteur d’un climat de claustrophobie latent, Gone est d’une noirceur inattendue et surprenante.
J’ai aimé le traitement des personnages. Aussi bien les rapports complexes qu’ils entretiennent entre eux que leurs personnalités respectives, ni héros, ni pétris de valeurs morales à l’excès, leurs défauts (ils pensent surtout a sauver leur peau pendant une partie du bouquin) les rendent intéressants à suivre. Individualistes au départ de l’histoire, ils subiront une vraie évolution, et devront apprendre à s’entraider, à déléguer et à faire confiance aux autres afin d’œuvre non plus pour eux-mêmes mais pour le bien de la communauté.
Sinon j’aurai aimé que Sam fisse montre de plus de caractère (il se rattrape à la fin du roman mais bon…), Quinn, quant à lui est à baffer, et Astrid ressemble beaucoup à Hermione. Edilio est sympa mais peu mis en avant, son personnage parait trop effacé. Les « méchants » sont un peu caricaturaux à mon goût, c’est dommage. D’autant que leurs psychés sont développés de manière expéditive, les personnages ne sont pas assez creusés.
Le fond fantastico/SF est peut-être un peu « léger » pour un tome introductif. J’aurai aimé qu’il soit davantage présent. Les mutations humaines et animales sont des éléments « déjà vu » et traités de manière assez classique dans ce premier opus. Le propos manque d’originalité.
Quant à l’explication de la survenue de la Zone, je l’ai trouvé peu claire et vite expédiée par l’auteur, j’attends plus d’explications dans le prochain tome.
Disons pour conclure que sans être mauvais, Gone dans son ensemble et à l’exception de quelques chapitres notamment ceux situés vers la fin ne m’a pas captivée autant que je l’aurai souhaité. Je pense tout de même laisser une chance à la saga de me convaincre en lisant le tome 2.
Les autres participants :
*isa1977
*Benjamin59
*mademoizellebreizh
*SnowWhite
*Azariel87
*Bouquinons
*Ninouche2109 (n’écrira pas de chronique)
*(Dex)
*clédesol
*CherryB
*dorothzz
*lamiss59283
*Alison Mossharty
*Galleane
[Partenariat] « Opprimés, 1, Les Enfants des Dieux » de Jessica Therrien

Editions Milan (Macadam) (2013)
318 pages | Traduit par Emmanuelle Pingault
Titre original : Oppression (2012)
Jeunesse, Fantastique,
Temps de lecture : 1 journée
Synopsis
Une fille, une prophétie, un destin, et le sort de tout un peuple entre ses mains !
Elyse a deux secrets. Le premier : elle vieillit cinq fois moins vite que la moyenne, et paraît donc avoir 18 ans alors que c’est une octogénaire. Le second : elle a un pouvoir de guérison. Pour Elyse, cela ne la rend pas extraordinaire. Mais ces secrets rendent sa vie périlleuse. Après la mort de ses parents, elle fait attention à protéger ses secrets. Une seule personne au monde connaît son âge et ses capacités : Betsy, sa mère adoptive. La mort de Betsy la pousse à déménager à San Francisco afin de se cacher des curieux. Elle rencontre alors William, un beau jeune homme qui lui révèle qu’elle n’est pas la seule à garder ce genre de secrets. Il a, lui, le pouvoir de persuasion par exemple. Il existe plein de ces « descendants », qui viennent des lignées de dieux grecs. Et les descendants ont les pouvoirsassociés à leur ancêtre… Tous attendent Elyse, car elle possède le plus précieux et le plus désiré de tous les pouvoirs…
Un immense merci aux Editions Milan et au site communautaire Livraddict pour m’avoir accordé leur confiance. J’avais très envie de lire ce livre, attirée en premier lieu par sa jolie couverture mystérieuse mais aussi par son résumé qui promettait un roman à l’univers mythologique comme je les aime.
J’apprécie particulièrement Les Editions Milan qui publie de la bonne littérature jeunesse grâce à leur collection Macadam. Syrli par exemple était vraiment excellent de même que la saga fantastico-jeunesse Rouge rubis de Kerstin Gier que j’ai adoré. C’est la première fois que j’opère un partenariat avec Milan et j’espère que ce ne sera pas la dernière
.
Voyons un peu ce que j’ai pensé de ce premier tome de la saga des Enfants des Dieux de J. Therrien.
Si en lisant le quatrième de couverture, j’ai immédiatement songé à la saga Le Pacte des Immortels d’Eric Nylund (dont j’ai lu et beaucoup aimé les deux premiers tomes), ma lecture m’a par la suite démontré que je me trompais et que les références sont davantage à piocher du côté de Percy Jackson de Rick Riordan et dans une certaine mesure d’Harry Potter. Même si ici le style n’est pas humoristique mais davantage jeunesse et qu’il existe une réelle volonté de réinterprétation des mythes antiques sous l’angle humain et réaliste. En gros, les dieux grecs n’étaient pas des dieux mais des êtres dotés d’un pouvoir. Un don magique (dont certains sont plutôt funs et amusants, je dois l’avouer) qui est reçu en héritage par leurs Descendants.
Voilà pour le contexte du roman.
Mais Opprimés est hélas bien inférieur aux autres titres de la collection Macadam, d’abord, il met du temps à démarrer, ensuite l’héroïne n’a pas de caractère. Elle se laisse entrainer un peu facilement. Elle dit Amen à tout surtout si cela vient de William. Une vraie girouette qui pleure sans cesse et se ronge beaucoup les ongles (un hommage à Bella Swan qui passe son temps à se mordre les lèvres ?). Pour quelqu’un qui a vécu plus de deux cents ans, elle manque singulièrement de maturité et parait bien niaise et naïve.
La relation amoureuse d’Elyse et de William est très guimauve. A peine se rencontrent-ils qu’ils envisagent déjà de se marier et d’avoir des enfants (!) Euh, c’est pas un peu rapide aprés seulement 2 ou 3 jours ? Elle passe son temps à nous dire combien Will est « trop beau et trop sexy», à nous décrire ses lèvres, ses yeux, sa peau, ses cheveux et même ses sourcils et le creux de son coude… (!) à grands renforts de métaphores sucrées comme des barbes à papa. A un moment donné, c’est bon, le lecteur a compris, hein ! Pas la peine de nous le répéter toutes les dix pages ! On dirait Bella parlant d’Edward dans Twilight (non, en fait Elyse est pire encore !). Et bien sûr ce sont des âmes soeurs…blablabla, et puis d’abord, elle ne le mérite pas, il est trop bien pour elle, elle si nulle et si insignifiante… blablabla… (là, j’avoue que j’ai eu envie de la renvoyer sur le mont Olympe d’un grand coup de pied dans son popotin de "déesse" grecque).
Brossés à grands traits, les autres personnages n’ont pas de consistance. Ils semblent parfois n’avoir été crées par J. Therrien que pour pouvoir illustrer un don et en faire la démonstration. De ceux-là, je pense surtout aux amis de William et aux autres élèves de l’Institut, on ne sait pas grand-chose et on referme le roman sans savoir vraiment qui ils sont ou que penser d’eux.
D’ailleurs, les personnages secondaires ont tellement peu d’épaisseur et de personnalité propre que j’ai passé l’ensemble de ma lecture à les confondre, noms et dons itou.
Pareillement pour les méchants, les redoutables membres du Conseil. Si on entend beaucoup parler d’eux dans le roman, on ne les voient que très peu à l’œuvre, hormis Kara – l’un des rares personnages à avoir un peu de consistance et un rôle ambivalent, coincée comme elle l’est entre les méchants et les gentils.
Le Conseil joue l’Arlésienne tout au long du roman, à l’exception de Kara et Ryder, sous-fifres dudit Conseil, nous ne voyons pas l’ombre d’un de ses membres dans ce premier tome. Meme si on parle beaucoup d’un certain Christoph, il n’apparait jamais.
En revanche, la relation d’amitié entre Elyse et Anna est touchante. C’est l’une des choses que j’ai préféré dans le roman.
Quant à la mythologie du roman, elle est prometteuse mais exposée de manière trop rapide et succincte, surtout à l’endroit des Descendants.
Bref, tout n’est pas négatif. Ainsi ai-je plutôt apprécié également les quelques passages se déroulant à l’Institut car comme dit plus haut, ils font songer à Poudlard, notamment les cours de Défense des dons qui rappellent un peu les cours de Défenses contre les forces du mal enseignés dans Harry Potter. Oui, j’ai aimé voir les Descendants faire usage de leurs pouvoirs, s’affronter les uns les autres dans le but de s’entrainer à résister aux membres du Conseil qui les tient sous sa coupe depuis des siècles. Ce sont les seuls moments divertissants du livre.
Certes, avec son style agréable à lire (bien que quelques phrases manquent de clarté pour moi ou que certaines métaphores sont un peu étranges à comprendre ) et ses chapitres courts, Opprimés se lit vite mais ne m’a pas vraiment convaincue et je me suis souvent ennuyée. Le problème majeur étant que J. Therrien se contente de poser les bases de son histoire et ce de façon trop sommaire. Je comprends bien qu’il s agit là d’un tome introductif mais il faut quand même donner un minimum de grains à moudre au lecteur. L’auteure, c’est frustrant, survole beaucoup son sujet et lorsque l’on referme le livre, on a l’impression de n’avoir pas progressé d’un pouce eu égard aux premiers chapitres et de n’avoir pas appris grand-chose.
Pour résumer : trop de blabla, bien trop de romance gnangnan et pas assez de profondeur ni d’action dans ce premier tome où les personnages passent l’essentiel du roman à se demander s’il faut croire ou non la prophétie et entrer en guerre ou pas.
J’attends mieux pour la suite.
« Saratoga Woods, 1 » d’Elizabeth George
Editions Presses de la Cité (2013)
432 pages
Temps de lecture : 4 jours
Synopsis
La jeune Hannah Armstrong possède un étrange pouvoir. Elle entend les pensées des autres, leurs « murmures », comme elle les qualifie. Un jour, elle comprend que son beau-père vient de commettre un meurtre. Pour la protéger, sa mère décide de l’envoyer sous une nouvelle identité chez une amie, sur l’île de Whidbey, au large de Seattle. Malheureusement, une fois sur place, rien ne se passe comme prévu pour celle qui se fait désormais appeler Becca King…
Mon premier livre de l’auteure et c’est une grosse déception.
C’est lent, c’est mou, c’est long et bavard. Le traitement de l’intrigue est sans saveur ni action ni suspense. Je m’ennuyais tellement que j’ai failli abandonner le livre au milieu.
Pourtant l’idée de départ est prometteuse et l"héroïne plutôt attachante au demeurant.
Hélas, E. George désamorçe le peu de suspense que contient son histoire en passant son temps à nous parler de la vie quotidienne des personnages de l’histoire ou les paysages de la région, si bien que l’intrigue devient la cinquiéme roue du carrosse. Et que dire de cette fin en pétard mouillé. J’ai cru à une blague en découvrant le fin mot de l’histoire. Je me suis dis " Quoi ?! Tout ça pour ça ? ".
Un thriller jeunesse poussif dont la seule chose appréciable est la petite pointe fantastique qui s’y glisse de temps en temps.
Pour moi, ce fut une lecture fastidieuse et même le cliffhanger final ne me donne pas plus envie que ça de lire le deuxième tome. On verra…
[Challenge de Calypso, session 13 « Ombre(s) »] « Hantée, 1, Les Ombres de la ville » de Maureen Johnson
Editions Michel Lafon (2012)
428 pages
Temps de lecture : 3 jours
Synopsis
Je suis mitigée sur ce roman.
Le début est looooooooooooooooooooooong et mou ; hormis l’installation de l’héroine américaine dans son nouveau collège du coeur de Londres, (choc des cultures), il se ne passe pratiquement rien.
On s’ennuie jusqu’au deuxième meurtre; ensuite le charme commence à agir.
D’un côté, nous sommes en présence d’une bonne idée : un imitateur fantôme de Jack l’Eventreur en plein vingt-et-unième siècle, de bons personnages auxquels on s’attache assez viten d’un climat réaliste qui se teinte peu à peu de fantastique – (sans doute ce que j’ai préféré dans le roman) et pour finir d’une mythologie ectoplasmique bien construite mais de l’autre, nous avons aussi un traitement insuffisant, qui ne parvient pas particulièrement à transcender un sujet pourtant prometteur. Si bien, que l’aspect historique fait quelquefois figure de prétexte. Pire, l’histoire se révèle vite prévisible (quatrième de couv’ trop bavarde ?).
Le parti-pris fantastique de l’intrigue est plaisant, certes. Cependant, si l’ambiance réussit parfois à être pesante, elle n’est jamais vraiment angoissante.
Pour qui ne connait pas la légende sanglante de Jack the Ripper, les fréquents rappels qui nous en sont donnés ne déplairont nullement. A l’inverse de votre dévouée blogeuse qui s’étant déjà beaucoup documentée par le passé a parfois eu l’impression de se retrouvait nez à bec avec un perroquet victorien lui rabâchant la même chanson sur des pages et des pages.
C’est une bonne idée de respecter la chronologie des meurtres de l’époque, d’insérer quelques scènes un peu sanglantes mais il aurait fallu aller plus loin dans la démarche de reconstitution historique selon moi. L’aspect scolaire et la mise en relief du fonctionnement d’un collège privé anglais prend quand même trop de place. Sans parler des histoires entre élèves qui entre cours, devoirs et amourettes cassent la dynamique horrifique de l’intrigue.
Le clin d’œil involontaire à la série 21 Jump Street (question de génération) m’a fait sourire.
Pour faire court, ce n’est pas un mauvais roman mais je m’attendais à autre chose. Ce billet n’est nullement dissuassif d’ailleurs, je pense que ce roman mérite lecture malgré ses défauts et j’entends bien pour ma part lire la suite.
« Charley Davidson, 3, Troisième tombe tout droit » de Darynda Jones

Editions Milady (2012)
413 pages | Traduit par Isabelle Pernot
Temps de lecture : 4 jours
Note 
Synopsis
Détective privé paranormal. Sinistre faucheuse extraordinaire. Peu importe. Charley Davidson est de retour ! Et elle boit de grandes quantités de café pour rester éveillée, parce que chaque fois elle ferme les yeux, elle le voit : Reyes Farrow, le mi-humain, mi-mannequin fils de Satan. D’accord, elle a fait emprisonner Reyes pour toute l’éternité. Mais comment est-elle censée résoudre un cas de personnes disparues, traiter avec un médecin à l’ego sur-dimensionné, calmer son père grincheux, et attraper un gang de motards déterminé à assassiner, quand le fils du diable ne veut tout simplement pas renoncer à son plan de séduction… et de vengeance?

Après deux très bons tomes, la série marque un peu le pas et rentre dans le rang de l’urban fantasy « moyenne ».
Ce troisième tome m’a pas mal déçue. L’intrigue principale, la disparition d’une femme mariée, ressemble beaucoup à celle du tome précédent et n’est pas franchement passionnante.
Moins drôle que les précédents, l’humour m’a même semblé forcé à certains moments. Notamment dans les dialogues Charley/Cookies qui sont d’habitude hilarants. Problème de traduction ? Ou alors le duo fonctionne moins bien qu’avant ?
L’histoire entre Charley et Reyes piétine. Et je dois dire que le côté Jekyll et Mister Hyde du personnage de Reyes est un peu déstabilisant.
Moi qui généralement dévore chaque tome de la saga, cette fois, j’ai mis beaucoup plus de temps à terminer car je « calais » souvent et j’avais besoin de lire autre chose, tout simplement parce que je trouvais le temps long.
La fin est un peu plus prenante mais elle me fait craindre le pire pour la suite de la saga. En effet, c’était trop beau pour que ça dure J’apprécie cette série parce que contrairement à bien d’autres, l’héroïne n’avait pas une vie amoureuse compliquée avec des prétendants à la pelle et une tendance comme tant d’autres héroïnes de bit-lit qui m’insupportent à flirter avec tout ce qui porte un pantalon. Bref, j’aimais le fait que la saga ne se focalise pas trop sur la romance et ne npus propose pas ces éternels triangles amoureux qui semblent la condition Sine qua non de la plupart des romans de ce genre. Hélas, les dernières pages ne m’ont pas rassuré. J’ai bien peur que dans les prochains tomes, Charley ne devienne une autre Anita Blake, Cookie Stackehouse et cie… Je sens venir le quatuor sentimental de loin et je sais que cela va m’énerver…
Je me suis ennuyée. Ma sévérité va donc de pair avec ma grosse déception.
J’espère quand même que le quatrième tome redressera la barre et me donnera tort car cela m’ennuierait de devoir abandonner cette série et son héroïne que j’affectionne tout particulièrement.
« Les Chroniques des Enchanteurs, 19 Lunes » de Kami Garcia & Margaret Stohl

Editions Hachette (Black Moon) (2012)
437 pages | Traduit par Luc Rigoureau
Temps de lecture : 2 jours
Note 
Synopsis
Est-ce que la mort est la fin… ou seulement le commencement ?
Ethan Wate a passé la majorité de sa vie à essayer de s’échapper de sa petite ville de Gatlin. Il n’a jamais pensé qu’il pourrait rencontrer la fille de ses rêves, Lena Duchannes, qui a dévoilé une facette secrète, puissante et maudite de Gatlin, cachée à la vue de tous. Et il n’aurait jamais imaginé qu’il aurait été forcé de laisser derrière lui tout le monde et tout ce qui comptait pour lui. Donc quand Ethan se réveille après les évènements glaçants de la 18ème Lune, il n’a qu’un but : trouver un moyen de retourner vers Lena et ceux qu’il aime.
A Gatlin, Lena fait de son mieux pour permettre le retour d’Ethan, promettant de faire tout ce qu’il faut, même si ça signifie faire confiance à de vieux ennemis ou risquer les vies de la famille et des amis qu’Ethan a laissés pour protection.
Séparés, Ethan et Lena doivent de nouveau travailler ensemble pour réécrire leur destin dans cette conclusion de la saga 16 Lunes.

Si j’ai eu les larmes aux yeux dès le début du roman (et un peu à la fin), je m’étais imaginé être davantage émue par ce dernier tome. Hélas, j’ai trouvé que ça manquait d’émotion, que ça tournait parfois à vide.
Ce dernier tome est satisfaisant dans l’ensemble, bien qu’il laisse un tantinet le lecteur sur sa faim. Pourquoi cette sensation d’inachèvement en moi ? Sûrement parce que cette fin me laisse un goût de facilité. J’ai trouvé que certains fils narratifs essentiels de la saga étaient traités de façon trop expéditive parfois à l’aide d’une simple pirouette de la part de Stohl et Garcia qui relâchent un peu leurs efforts. Ces dames nous avaient habitué à plus de profondeur.
Comme il y a finalement assez peu de rappels des événements des tomes précédents, j’avoue avoir parfois un peu peiné à me remémorer les grandes lignes de la mythologie des Enchanteurs et à me rappeler qui était qui, qui était quoi et qui avait fait ceci ou cela. Mais passées les premières pages, on s’y retrouve mieux.
Construit sous la forme d’une alternance narrative entre Ethan, du moins son fantôme, prisonnier de l’au-delà où son sacrifice l’a entrainé, et Léna restée dans le monde des vivants qui, convaincue de sa survivance, tente de le ramener prés d’elle, force est de constater que les parties les plus intéressantes sont celles racontée par la voix du jeune homme. Notamment, la première partie du roman où Ethan fait en quelque sorte son apprentissage de son nouveau statut de Diaphane tout en cherchant un moyen de revenir à la vie et que j’ai dévoré d’un souffle tant je l’ai trouvé passionnante. L’intensité retombe un peu ensuite et quelques longueurs font leur apparition.
Chose étonnante, Amma, est bien plus émouvante dans son chagrin d’avoir perdu Ethan que Léna qui a, je dois l’avouer, une manière puérile de porter le deuil de son grand amour. Depuis 17 Lunes, Léna n’a pas cessé de m’agacer de plus en plus, mon énervement ayant atteint son point culminant dans ce tome conclusif où elle se montre particulièrement antipathique.
Dans l’ensemble, Link(cube) et Ridley sont fidèles à eux-mêmes et mis à part à quelques (rares) moments-clés de l’histoire, leurs personnages ne prennent pas beaucoup de place dans l’intrigue qui est surtout focalisée sur Ethan et dans une moindre mesure sur Léna. Maccon, Marian, John et Liv sont aussi un peu trop relégués au rôle de figurants, cela m’a un peu déçue. Quant aux sœurs, hélas, on les voit peu, même si tante Prue à une grande importance, du moins au tout début de l’intrigue, car elles sont toujours aussi hilarantes à voir se chamailler et fourrer leurs nez partout.
Là où le tome se révèle décevant pour moi, c’est dans la gestion des personnages malveillants, les « méchants de l’histoire » sont vaincus assez rapidement et tout aussi facilement alors qu’ils sont censés être redoutables, c’est ce qu’on nous serine depuis maintenant trois tomes ! Abraham Ravenwood, Angélus et compagnie ne trouvent pas des fins très dignes de leur statut de « terreurs invincibles » !
Parmi les points forts du roman, on peut mettre en avant quelques petites révélations offertes par-ci-par-là et la découverte du monde des morts de l’autre côté du monde réel symbolisé par Gatlin, un au-delà plutôt bien pensé et stylisé par les auteures où l’on croise plusieurs personnages étranges et surtout (enfin) la visite guidée de La Grande Garde et notamment de la bibliothèque renfermant Les Chroniques des Enchanteurs, sur lequel on en apprend davantage également. Mais ce qui m’a réellement séduit avant tout dans ce dénouement, c’est la quête héroïque (et initiatique) que doit mener Ethan qui doit franchir obstacle sur obstacle, collecter objet après objet, conclure marché après marché pour parvenir, tel un Orphée moderne descendant dans les Enfers pour retrouver sa belle aimée, jusqu’à toucher au bout de l’épreuve. C’est ce qui m’a semblé le plus réussi dans le roman.
Un dernier tome triste, mélancolique et sombre, qui n’est ni avare en magie, ni dans la multiplication des obstacles et des dangers mis sur le chemin d’Ethan. C’est juste dommage que tout se résolve un peu trop facilement à certains moments.
« Anno Dracula, 1 » de Kim Newman

Editions Bragelonne (2012)
432 pages
Temps de lecture : 3 jours
Note 
Synopsis
Londres, 1888. La reine Victoria s’est remariée avec le comte Dracula, qui entend répandre le vampirisme dans tout le royaume. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner " le baiser des Ténèbres " et boire le sang qui leur assure l’immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d’argent, en s’attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime.

Apparemment, certaines personnes sont déçues par ce roman car pensaient se trouver en présence d’un thriller ou d’un roman policier. ATTENTION ce n’est absolument pas le cas, d’ailleurs l’identité du criminel est connue trés vite et le propos du livre n’est ABSOLUMENT PAS de découvrir le coupable, c’est avant tout un roman fantastique à mi-chemin entre horreur et histoire doublé d’une excellente uchronie. Vous voilà prévenus ;-)
En revanche, cet ouvrage est à réserver à un public TRES AVERTI car il pourra choquer les plus jeunes.
UN COUP DE COEUR !
A l’instar des grands romans populaires du XIXème siècle, Anno Dracula est un roman décomplexé, qui, comble du délicieux ! ne se prend jamais au sérieux, ce qui favorise une lecture au second degré, et tend avant tout à divertir le lecteur. Et ça fonctionne magnifiquement bien !
Multipliant les péripéties dignes d’un feuilleton de cape et d’épées des années 60 et les scènes sanglantes d’un réalisme cru qui le rapproche du giallo, ces films d’épouvante italiens, Anno Dracula peut-être perçu comme une suite outrancière du Dracula de Stoker. Mais là où la suite « officielle » Dracula L’immortel de Dacre Stoker (arrière-petit-neveu de…comme son nom l’indique) échoue lamentablement à ressusciter le mythe de Vlad Tepes dans nos inconscients collectifs, Kim Newman réussi totalement, transcendant un sujet qu’on croyait pourtant éculé depuis longtemps ou pire voué à la redite, il confère beaucoup d’originalité, de romanesque et un gouleyant et irrésistible panache à son ouvrage.
Sous couvent de rendre hommage à Stoker et Stevenson ou d’évoquer Jack the Ripper, Newman reconstitue superbement l’ère victorienne et entremêle histoire réelle et histoire imaginaire. Il nous offre une uchronie brillante et pleine de verve (les dialogues sont particulièrement réussis) qui convoque personnages politiques, historiques, culturels ou imaginaires de l’époque victorienne et analyse sous un angle presque totalement vampirique les petits et grands événements ayant marqués l’an 1888.
Quelques personnages crées par Bram Stoker interviennent dans le récit et nous découvrons, parfois avec effarement, ce que sont devenus les héros qui ont tenté de sauver Lucy des griffes de Dracula et comment les événements passés ont influé sur le caractère du Dr Seward ou d’Arthur Goldaming. Certains, vous le constaterez, ont embrassées des destinées inattendues et c’est très intéressant de les retrouver des années plus tard et dans un autre contexte. Ils sont accompagnés de nouveaux personnages, inventés de toutes pièces (et avec brio) par Kim Newman, des petits nouveaux qui se révèlent tout aussi fascinants à suivre que les anciens personnages dans les dédales des rues de ce Londres enténébré et puant, recouvert d’un linceul de fog montant de la Tamise qui confère son atmosphère si particulière, si poisseuse et mystérieuse à ce roman. Je pense surtout à Charles Beauregard et Geneviève en disant cela, qu’on peut considérer comme le « couple vedette » du roman et que j’ai beaucoup aimé voir évoluer.
Une excellente réécriture du 19ième siècle à ne pas mettre entre toutes les mains cependant. Kim Newman ne fait pas dans la dentelle. C’est cru, violent, érotique et très sanglant (certaines scènes sont même répugnantes) mais le récit est fort heureusement allégé par beaucoup d’humour et d’ironie.
En guise de conclusion, je dirai que si vous avez aimé Dracula de Stoker, et si vous aimez les classiques en général, vous aimerez très certainement Anno Dracula de Kim Newman. Même Neil Gaiman a adoré parait-il, alors plus d’hésitations, procurez-vous ce livre au plus vite !
« Hush, Hush, 4, Finale » de Becca Fitzpatrick

finale
Titre original : Hush, book 4 : Finale (2012)
Editions du Masque (MSK) (2012)
400 pages
Temps de lecture : 2 jours
Note ![]()
Synopsis
En tombant amoureuse de Patch, un ange déchu, Nora a dit adieu à une vie ordinaire. Pourtant, elle ne s’attendait pas à se retrouver à la tête d’une armée de néphilims, les ennemis jurés de celui qu’elle aime. Alors que leur histoire d’amour est plus dangereuse que jamais, Nora se retrouve face à un choix impossible : prendre le commandement des néphilims et déclarer la guerre à Patch ou refuser le combat et condamner à mort sa famille et ses amis.
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C’est avec une petite pointe de nostalgie que je rédige ce billet sur le dernier tome de la saga Hush, Hush. Mon ressenti global est positif, même si la série est loin d’être parfaite ou exempte de défauts, je recommande sa lecture car elle fait passer de bons moments et offre une mythologie originale ainsi qu’une charmante histoire d’amour. Et puis rien que pour découvrir le fameux Patch, il faut découvrir Hush, Hush. Je sens que Nora, Patch et Vee vont beaucoup me manquer, c’est certain.
En fermant le troisième tome, Silence, une suite ne m’apparaissait nullement nécessaire, ne voyant pas vraiment ce qu’un quatrième segment pourrait apporter de plus à l’histoire de Patch et Nora. Mais je me trompais. Et ce Finale est une bonne surprise en fait. L’intrigue est très bien menée et reprend bien à son compte tous les arcs narratifs développés dans les tomes précédents. Ce dernier tome clôt la série de manière plus que satisfaisante. Même si on pourra tout de même regretter un certain manque d’explications sur certaines choses ou que certaines difficultés se résolvent un peu trop vite et facilement. Je ne suis pas du tout déçue par cet ultime rendez-vous. Bien au contraire, je pense que c’est, conjointement avec le 1, le meilleur tome de la saga.
Finale est un tome très sympathique (un peu inférieur au premier qui restera largement mon préféré, mais légèrement supérieur à Silence), bien rythmé et riche en rebondissements notamment en coups de théâtre dans les derniers chapitres. C’est d’ailleurs, une chance que l’intrigue soit prenante car elle a la lourde tâche de suppléer au manque de charisme du couple principal. Après des débuts explosifs dès le premier tome, le duo Patch/Nora, ça m’ennuie de le dire, n’a pas cessé de décliner et de perdre en intensité au fil des tomes. Dans Silence, j’avais déjà trouvé que leur relation était devenue répétitive et tiède. Ce n’est pas forcément mieux dans Finale, à l’exception de quelques jolies scènes de tendresse, le lecteur pourra trouver l’interaction entre Nora et Patch assez mièvre et ennuyeuse pendant la majorité du roman (à un moment donné les grandes déclarations d’amour, les câlins/bisous sur le front et les scènes de jalousie, ça lasse). De fait, il faut attendre les 100 dernières pages pour que ça devienne un peu plus « caliente » entre nos deux tourtereaux et pour qu’on retrouve un peu de la passion des débuts.
Mais j’avoue que Patch m’a semblé moins incisif et plus sirupeux que dans ses grandes heures de gloire. Pour les dialogues lestes et les remarques coquines, mieux vaut relire le premier tome car dans Finale, les échanges entre les amoureux sont surtout « fleur bleue » et restent relativement sages sauf à la fin où on a enfin l’impression de retrouver Patch tel qu’on l’aime : sexy et flamboyant avec toujours une allusion grivoise à la bouche.
Nora se dévergonde un peu et j’ai aimé voir son personnage s’affirmer et devenir moins lisse et moins pleurnichard. B. Fitzpatrick nous montre la face obscure de son héroîne et ce faisant, lui fait prendre plus d’épaisseur. Vee n’est plus vraiment elle-même non plus. On peut penser bien sûr qu’elle a mûri mais je ne l’ai pas trouvé aussi drôle qu’avant (bon, elle est toujours aussi excentrique et fofolle tout de même, ouf !). Vee est moins fun et je dois dire qu’on a du mal à croire à l’évolution de son personnage. Ce qui lui arrive n’est pas très crédible.
Scott m’est devenu plus sympathique, lui, auquel pourtant je n’adhérais pas forcément dans les tomes précédents. Quant à Marcie, j’avoue qu’elle m’a intriguée tout du long. On ne sait pas trop quoi en penser. Ni d’elle, ni de sa façon d’agir et c’est un des points les plus intéressants de ce dernier tome.
Si je fais le bilan, sur quatre tomes, un seul m’aura vraiment déçue, le deuxiéme. Les autres segments fluctuent légérement en qualité mais restent en globalité, trés agréables à lire. Une saga qui vaut le coup d’oeil assurément.
[Le Choix du Chapelier Fou : Spécial PAL] [3] Novembre : « Thursday Next, 2, Délivrez-moi ! » de Jasper Fforde
Pour cette troisième édition du challenge (deuxième en ce qui me concerne)
Le Chapelier Fou m’a gentiment choisi :
« Thursday Next, 2, Délivrez-moi » de Jasper Fforde
Rappel des règles
Sur une superbe idée d’Arcaalea mise en œuvre sur son blog Ephémère qui s’inspire du rendez-vous "Random Reads" initié par I’m Loving Books, et découverte sur le blog Autour du livre.
- Avoir une liste de votre PAL (Pile à Lire)
- Tirer au sort un livre dans cette liste, de la manière qui vous plaît le plus (pour ma part, j’utilise le logiciel "The Hat")
Sachez qu’il vous est possible de ne sélectionner que votre PAL prioritaire, vous êtes totalement libres de faire ce que vous voulez ^^

Editions 10/18 (Domaine étranger) (2006)
444 pages
Temps de lecture : 2 jours
Synopsis
Thursday Next, détective littéraire et agent des OpSpecs, bénéficie d’un repos bien mérité après être rentrée dans l’intrigue du roman Jane Eyre grâce au portail de la prose et en avoir sauvé l’héroïne. Elle a aussi retrouvé l’homme de ses rêves, Landen, et comme un bonheur n’arrive jamais seul, la voilà enceinte ! Seulement, la corporation Goliath ne l’entend pas de cette oreille, et pour la contraindre à libérer le criminel qu’elle a enfermé dans un poème de Poe, le groupe tout-puissant fait éradiquer son mari de la réalité – il serait mort dans un accident de voiture à l’âge de deux ans !
Seule Thursday se souvient que Landen a un jour existé… Mais maintenant que le portail de la prose a disparu, la jeune femme va devoir subir un entraînement spécial à la jurifiction – la police interne des livres – avant de pouvoir reprendre ses voyages à l’intérieur des chefs-d’oeuvre de la littérature.
Tout comme pour le premier tome, L’Affaire Jane Eyre, Délivrez-moi ! est un gros coup de cœur.
J’adore cette saga et la recommande à tous les amateurs d’uchonie brillante et déjantée. Personnes hermétiques à l’humour anglais à la Monty Python s’abstenir. Thursday Next, pour être savouré à sa juste valeur, exige que l’on abandonne son esprit cartésien et son sérieux au vestiaire avant d’entrer dans l’univers délicieusement nawak du talentueux Jasper Fforde sinon la magie n’opérera pas.
L’idée de pouvoir voyager dans les livres me fait rêver ! Le pouvoir que possède Thursday Next me fait baver d’envie. Comme j’aimerai être à sa place …et intégrer la Jurifiction (soupir de désespoir) !
De fait, j’ai trouvé cette suite encore plus inventive et loufoque. Encore plus rythmée et hilarante également. Entre l’utilisation inédite des notes de bas de pages du roman, les personnages des grands classiques qui sautent de livres en livres, la fiction qui se mélange à la réalité et toutes les autres idéés délirantes de Jasper Fforde autour de la littérature, on ne s’ennuie pas une seconde.
De Dickens à Kafka en passant par Jane Austen, on s’amuse à voir Marianne Dashwood réclamer des Menthos et des collants et conduire un bi-plan autant que d’assister à l’apprentissage de Thursday Next au sein de la Jurifiction. Surtout que notre pauvre agent n’est guére épargnée par les soucis personnels mais aussi professionnels dans cette suite très réussie.
Les romans de Jasper Fforde sont magiques ! Pourquoi ? Parce que ce sont des livres qui donnent envie de lire ! L’intertextualité est mise en place si brillamment qu’elle jette astucieusement des ponts entre les romans évoqués avec drôlerie et gourmandise, si bien que le lecteur ne peut avoir qu’une seule envie : traverser ces passerelles et partir à la découverte de nouvelles joies littéraires.
Ainsi, Jasper Fforde m’a donné follement envie de découvrir Les Grandes espérances de Charles Dickens, il en parle si bien dans cette seconde aventure qu’à l’image de Thursday, on veut partir à la rencontre des personnages du célèbre roman.
Encore un régal que ce deuxième tome de la série, entre SF, humour, polar, espionnage et amour de la littérature.
[LC] « A comme association, 6, Ce qui dort la nuit » d’Erik L’Homme

Ce qui dort la nuit ? Pas moi en tout cas ! Ce livre ne m’a pas fait piquer du nez. Il a su me tenir éveillée sans problème !
Il n’était pas aisé pour Erik L’Homme d’enchainer après un excellent tome 5. Mais il le fait plutôt efficacement. Centré fortement sur Jasper mais aussi, une fois n’est pas coutume, sur la mystérieuse mademoiselle Rose, ce sixième segment est certes moins poignant et beaucoup moins haletant que le 5 mais il se défend pas mal dans la hiérarchie de la saga.
La vie a repris ses droits et l’émotion vibrante suscité par le drame terrible survenu dans le tome précédent s’atténue un peu. La nostalgie remplace le chagrin. Jasper a séché ses larmes (un peu vite peut-être ?) et recommence à faire ses blagues ringardes. Il s’affirme de plus en plus comme un électron libre et œuvre en marge de l’association sans vergogne. Aucun doute, le personnage a mûri et gagné en assurance et en force de caractère.
Si le rythme retombe un peu par rapport au tome 5, les mystères concernant l’association, eux, s’épaississent. Et quelque chose me dit que cela ne fait que commencer.
Plaisir et détente sont comme toujours au rendez-vous. Mais ce tome qu’on pourrait qualifier de tome-gadget marque un léger recul dans la montée en puissance de la série. Ce qui dort la nuit n’apporte pas grand-chose à l’intrigue générale mais est fort sympathique à lire. Et la fin est terrible. L’Homme nous abandonne avec un cliffhanger énorme qui nous laisse bouche bée dans l’attente insupportable de lire le tome 7.





![[Le Choix du Chapelier Fou : Spécial PAL] [2]](http://ladelyrante.files.wordpress.com/2012/09/sanstitre17.jpg?w=300&h=150)